Le Chêne.

La lueur blafarde d'un soir de pleine lune éclaire tristement le tronc noir et noueux du chêne torturé, qui se dresse face à moi. Une corde se balance lentement au rythme du vent soufflant dans les ramures. Soudain le cris d'un oiseau des ténèbres brise le silence qui plane tel un linceul sur ce lieu.
Il n'y a que moi, l'arbre et l'oiseau. Rien ne bouge et un froid glacial me paralyse les os.
Lui aussi est là. Il me regarde de son oeil unique et vitreux, l'air de dire :« Pourquoi si tôt ? ». Il paraît calme et serein, et il oscille doucement, d'un côté puis de l'autre. Ces joues creuses laissent paraître ses dents. Des lambeaux de chair pendent misérablement le long de son corps. L'odeur de putréfaction emplie mes narines, et je suis contraint de faire un pas en arrière.
Cela fait à peine trois jours qu'il est pendu, et il est déjà méconnaissable...



09.05.08

4 commentaires:

M. S-C a dit…

Noir mais beau... toujours tu m'épates quand tu écris (surtout ne t'arrête pas !).

Aziza a dit…

Mais c'est toi Excellence qui écris si bien ? Chapeau (noir) bas !

Blackbarbak a dit…

Vous me gattez ! (Mais je ne me gâte pas)Et toi la Bee tu écris aussi très bien.

M. S-C a dit…

Merci mon bourdon !!